La biologie est têtue. Chronique de Martine Perez dans le Figaro.

La biologie est têtue. N’en déplaise aux théoriciens du genre, qui voudraient gommer toute distinction entre les deux sexes, les hommes et les femmes présentent certes des similitudes structurelles, mais aussi des petites différences irréductibles. Les avancées en génétique, en imagerie et en hormonologie, démontrent (puisqu’il faut désormais en avoir des preuves, au-delà de l’évidence), que les comportements féminins/masculins, ont des caractéristiques spécifiques non façonnées uniquement par des stéréotypes d’ordre social. Bien sûr nul ne songerait à nier la transmission comportementale par mimétisme au sein des familles. Mais aujourd’hui, certains voudraient s’affranchir du réel et laisser la place à une vision totalement idéologique de l’humain en éliminant toutes les particularités qui fondent le féminin ou le masculin. Certes, l’enseignement de la théorie du genre à l’école a été recalé à l’Assemblée nationale de justesse la semaine dernière, mais l’affaire est loin d’être close.
La théorie du genre est née dans les laboratoires de sociologie de la côte Ouest des États-Unis dans les années 1950. Le développement de la psychanalyse a contribué à poursuivre vers d’autres chemins le questionnement, éternel, sur l’essence de l’être humain, ses déterminants, sur l’homme, la femme et ce qui les fonde… Dans les années 1980 les théories «déconstructivistes» de Derrida et Foucault envisagent l’homme comme la résultante d’une pression sociétale qui, déconstruite, fait apparaître l’être réel débarrassé de ces oripeaux sociaux. Ils inspirent l’Américaine Judith Butler, qui la première familiarise le vocable de genre dans un livre publié en 1990 et intitulé Le Trouble dans le genre. Cette théorie est aujourd’hui sortie d’un cercle fermé d’intellectuels pour venir se coltiner à la réalité. Sa mise en pratique dans les crèches ou à l’école viserait à éliminer ce que les tenants du genre considèrent comme des comportements socialement induits. Par exemple ils aimeraient démontrer que si on leur en donne la possibilité, les petites filles abandonneront vite leur poupée au profit des garçons qui leur laisseront volontiers, eux, leur camion et leurs soldats de plomb pour dorloter une Barbie… L’objectif est une nouvelle révolution culturelle pour faire émerger l’être nouveau, libre de tout choix, professionnel, culturel, sexuel. Sont totalement dépassés dans ce débat, les combats légitimes pour l’égalité des sexes dans le domaine familial ou professionnel, bien loin d’être achevés pourtant.
Cette théorie du genre, si elle soulève des questions pertinentes sur l’identité humaine, devient cocasse lorsqu’elle se pique de vouloir passer aux travaux pratiques. Dans certains pays du nord de l’Europe, malgré près de 20 ans d’efforts denses dans les crèches et les écoles pour asservir cette théorie au réel, le constat est sombre: 80 % des infirmières sont toujours des filles et 80 % des ingénieurs toujours des garçons. Certains pourront toujours rétorquer qu’il s’agit d’une entreprise de longue haleine, que l’on ne revient pas sur des milliers d’années de masculin/féminin du jour au lendemain, qu’il faudrait peut-être des méthodes plus coercitives…
La biologie nous dit autre chose. Certes, les différences féminin/masculin restent subtiles. Mais elles sont inaliénables. D’ailleurs, le débat sur le genre mobilise presque exclusivement des théoriciens, sociologues, philosophes, psychologues, mais jamais ou presque des biologistes, des généticiens ou des endocrinologues. La différence entre l’embryon fille (XX) et garçon (XY) existe déjà au niveau chromosomique. Des études en imagerie du cerveau ont montré une évolution totalement différente des comportements masculins en fonction de l’imprégnation hormonale. La testostérone, hormone mâle par excellence, est responsable de la pilosité, de la voix, de la musculature, mais aussi de l’agressivité, de la libido. Les femmes, elles, n’ont pas de testostérone (ou très peu) et cela fait toute la différence en matière de comportement. Elles secrètent des œstrogènes qui façonnent leur féminité et de la progestérone qui aurait un impact sur le comportement. Le cerveau serait sous influence hormonale… Vouloir à tout prix réduire l’homme à la femme et vice-versa, au-delà du constat biologique, considéré comme primaire par certains théoriciens, n’a pas de réelle justification. Dans une société qui à juste titre plaide en permanence pour l’égalité, mais aussi l’altérité, au nom de quel bien faudrait-il éliminer l’autre, celui que nous ne sommes pas, au profit d’un être unique et désincarné?http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2013/06/09/10001-20130609ARTFIG00144-quand-la-theorie-du-genre-bute-sur-la-biologie-et-la-genetique.php

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