URGENCE?

« Dans Le Monde, qui continue d’exercer son magistère intellectuel dans notre pays, trois sociologues et un politiste soulignent l’urgence de parler du genre à l’école. Je dis bien « l’urgence ».

En effet, les « conservateurs pour tous » que nous sommes serions prisonniers d’un paradoxe : puisque nous disons que l’appartenance au genre masculin ou féminin est d’abord et essentiellement dictée par la biologie, c’est-à-dire par l’appartenance à un sexe, nous ne devrions pas être effrayés de l’enseignement de la théorie du genre à l’école, celle-ci n’ayant aucun impact sur l’identité sexuelle des enfants.

Les auteurs affirment que le genre est déjà enseigné à l’école par le truchement des rôles sociaux que les petits garçons et les petites filles doivent endosser. La théorie du genre serait donc portée par ses contempteurs mêmes, ceux-ci ayant tout intérêt bien sûr à reproduire les inégalités et à encourager la soumission des femmes.

Pour ceux qui n’auraient pas accès à l’article dans son intégralité, il contient un rapide historique de la théorie du genre (qui n’existe pas, je vous le rappelle, et qui est donc rebaptisée pour l’occasion «approche en termes de genre » !) dans lequel le passé pédophile de John Money n’est jamais évoqué bien sûr. Cet historique insiste en revanche sur la remise en question de la hiérarchie hommes-femmes et sur le fait que le genre est un instrument formidable « pour révéler les multiples opérations sociales par lesquelles les différences et inégalités entre les sexes sont produites et reproduites. » Cette lutte est dans l’air du temps, ce qui suffit à la créditer d’une immense légitimité et d’une noblesse inattaquable.

Toujours cette idée que le genre dévoile quelque chose que nous, pauvres hommes – et surtout pauvres femmes – ne verrions pas, aveuglés que nous sommes par des millénaires de construction culturelle hétéro-patriarcale. Grâce au genre, nous nous libérerions enfin des horribles phallocrates auxquels nous sommes soumis, consciemment ou inconsciemment.

Nous, conservateurs-pour-tous, sommes donc « empêtrés dans la croyance que le sexe est une évidence naturelle »… Et là, les tenants du genre ne se contentent pas de vouloir distinguer sexe et genre pour agir sur le deuxième, ils assimilent le sexe à une croyance et parlent d’attributs anatomiques « statistiquement corrélés au groupe des femmes et à celui des hommes ». Statistiquement corrélés… Ils font probablement allusion aux cas d’androgynie ou d’hermaphrodisme qui n’ont rien à voir avec l’existence de stéréotypes. Le fait que les hermaphrodites existent ne doit pas conduire à l’expérimentation d’une «reprogrammation» sur l’ensemble des enfants. Le fait que l’homosexualité existe, ne change pas l’identité sexuelle des gens. Une lesbienne n’en est pas moins une femme même si elle peut choisir de calquer ses conduites, ses attitudes et ses comportements sur ceux des hommes.

Pour finir, reprenons cette phrase : « si les normes de masculinité et de féminité sont si naturelles,  pourquoi craindre à ce point que la différence des sexes ne soit plus systématiquement inculquée aux esprits jeunes et influençables ?  »

Les auteurs de l’article se sont-ils aperçus qu’ils nous donnaient des armes contre eux, que leur prémices soient justes ou pas?

*Soit l’identité sexuelle est irrésistiblement naturelle, l’enseignement du genre à l’école est donc une oppression assumée de la nature humaine.

* Soit tout est construction, et cette construction millénaire s’appelle « la civilisation ». Dans ce cas, pourquoi vouloir y toucher ? Pourquoi vouloir détruire ce que les hommes ont patiemment construit et affermi pendant des siècles ? N’importe quel bon dictionnaire vous rappellera que les antonymes de civilisation sont « abrutissement », « barbarie », « bestialité », ou encore « sauvagerie ».

Et on nous parle d’urgence…

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/08/13/il-faut-d-urgence-parler-du-genre-a-l-ecole_3461044_3232.html

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Une réflexion sur “URGENCE?

  1. On va désormais tenter de nous faire accroire qu’il existe un « troisième sexe » biologique…
    C’est une absurdité sans nom, qui va encore davantage empêtrer les partisans de l’idéologie du genre dans leurs contradictions.
    S’il apparaît, dans l’évolution de l’espèce humaine, une « troisième sexe », on peut poser les questions suivantes:
    -Quelle est sa fonction dans le théorie générale de l’évolution ? ( Darwin )
    -Le troisième sexe a-t-il des chances de survie ( est-il, autrement dit, capable dde se reproduire, par auto-fécondation ou parthénogénèse ? )
    -Pourquoi, brusquement, l’évolution « décide-t-elle » d’en revenir au stade de l’escargot ? Ne faut-il pas y voir, plutôt, une marque de dégénérescence due, par exemple, à la radioactivité ambiante ?
    -Faut-il désormais considérer les bébés qui ont le malheur de naître sans jambes comme l’expression d’un nouveau mode de locomotion ?

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