Confondre égalité et indifférenciation, c’est grave docteur?

Les ABCD de l’égalité sont un nouvel exemple de la confusion entre la « lutte » (ces métaphores guerrières sont épuisantes !) pour l’égalité hommes-femmes et l’application de la théorie du genre.

http://next.liberation.fr/sexe/2013/09/17/on-en-a-assez-que-les-princes-ne-fassent-rien_932644

Nous sommes dans une école du Xè arrondissement de Paris. Là, une enseignante, « déconstruit les clichés », puisque c’est la formule magique à la mode pour expliquer que l’on se bat ardemment pour une société meilleure, en accolant l’adjectif « coquet » au mot garçon et en encourageant les filles à renoncer à leurs robes de princesses pour leur préférer des pantalons, y compris le jour du carnaval. La fillette qui voudrait malgré tout porter une robe rose serait sans doute qualifiée de ringarde et finirait par se conformer au nouveau code vestimentaire et comportemental pour continuer d’appartenir au groupe et satisfaire son enseignante, cette dernière motivation étant tout à fait prégnante chez les élèves de cet âge. Il est évident et incontestable que les femmes réussissent mieux leurs études et leur vie professionnelle lorsqu’elles portent des pantalons. De même, il est clair que les hommes respectent davantage les femmes lorsqu’on les a affublés d’adjectifs ridicules pendant leur enfance…

L’école devrait être le lieu où l’on transmet un patrimoine commun, notamment littéraire. C’est sans compter sur les enseignant(e)s militant(e)s du genre, qui l’utilisent pour formater les esprits et n’hésitent pas à remplacer les contes traditionnels, ceux qui constituaient nos premières références littéraires, ceux sur lesquels est fondée notre culture commune, par des textes « détournés », « décalés ». Ces textes font l’apologie de l’indifférenciation et sont le prétexte à des entretiens avec les élèves, entretiens guidés par une enseignante qui a « chaussé  les lunettes correctrices du genre » voilà dix ans déjà, anticipant avec enthousiasme les mouvements de la société. « Correctrices » puisqu’il s’agit de remédier aux errements de l’éducation sexuée ayant eu cours jusque là. On comprend son zèle… (Marre du rose. http://www.telerama.fr/livres/marre-du-rose,38442.php).

Mais pour critiquer, décaler, détourner ou dépasser des textes, encore faut-il en avoir lu et les  avoir compris. Pour déconstruire des stéréotypes, il faut que ceux-ci existent. Les stéréotypes sont des images simplifiées que l’on se fait du monde. Contrairement à ce que la doxa voudrait nous faire croire, ils ne sont pas toujours négatifs et permettent notamment aux enfants de se rassurer et d’aller plus loin dans la découverte de ce qui les entoure.

Combien de ces enfants, pris en charge par des maîtres et maîtresses dévoués à leur cause, soldat(e)s du genre, pourront finalement raconter La Belle et la Bête, Barbe-Bleue, La Reine des neiges ou Riquet à la houppe ? Tiens, Riquet à la houppe justement : voilà une jolie manière de parler de l’égalité et de revenir sur la beauté des femmes et l’intelligence des hommes. Voilà une histoire de princesse malheureuse parce qu’elle n’est que belle et qu’elle voudrait avoir de l’esprit. Pourtant, ce conte a plus de trois-cents ans. Si l’on en croit les tenants de la théorie du genre, la littérature de cette époque entérinerait les clichés les plus éculés et ferait partie de la panoplie de domination des hommes sur les femmes… Les victimes des clichés ne sont pas forcément ceux que l’on croit.

http://fr.wikisource.org/wiki/Riquet_%C3%A0_la_houppe

« On en a assez que les princes ne fassent rien »… Et ça, est-ce aussi la déconstruction d’un cliché? Est-on sûr de ne pas tomber plutôt dans la dévalorisation des hommes en affirmant que les princes ne font rien? Ils se battent, protègent leur bien-aimée des dragons, des sortilèges et des dangers de toutes sortes mais  ils ne participent pas assez aux tâches ménagères, c’est ça? Ils devraient descendre de cheval, enlever leur armure et faire la vaisselle? Juger des textes anciens à l’aune des valeurs véhiculées par la société actuelle, n’est-ce pas une hérésie intellectuelle? Dire que les hommes ne font rien, n’est-ce pas prendre le risque que les femmes se montrent injustes par la suite?

Pour finir et afin de bien nous convaincre que son combat est légitime, l’enseignante affirme que la lutte contre les stéréotypes sexistes est comparable à la lutte contre le racisme. Rejeter l’adversaire dans le camp du mal absolu, voilà une méthode qui a fait ses preuves depuis longtemps. Le manichéisme a encore de beaux jours devant lui.

A la fin de cet article exemplaire, la journaliste se désole que le naturel revienne au galop : « dans sa classe, sur les dossiers des chaises, les cartables restent pourtant bien roses avec des paillettes et des princesses pour les filles, et bleus avec des voitures dessus pour les garçons. «Comme pour les jouets, les fournitures scolaires sont sexuées, soupire-t-elle. Difficile d’échapper à cette vision bipolaire du monde. » Il ne lui vient pas à l’esprit que ce sont peut-être les enfants qui réclament cette différenciation, que les petites filles sont heureuses de porter du rose et les garçons fiers d’arborer des voitures sur leurs vêtements. L’influence de la biologie, les penchants naturels sont condamnables puisqu’ils ne coïncident pas avec  l’idéologie qu’elle défend. Il va bien falloir que ces petits-là se mettent au diapason et qu’ils se conforment à ce que le gouvernement (et « les syndicats majoritaires »!) exigent d’eux.

NB: Pour en savoir plus sur l’enseignante citée dans cet article, Mme Cabat-Houssais, qui se définit comme une enseignante militante, une professeure des écoles féministe. vous pouvez lire cette page: http://www.adequations.org/spip.php?article1389

Sur celle-ci vous découvrirez ses partis-pris « littéraires »: http://www.adequations.org/spip.php?article1544

Voilà le genre d’enseignants que l’Education Nationale adoube…

 

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9 réflexions sur “Confondre égalité et indifférenciation, c’est grave docteur?

  1. il ne vous viens pas a l’esprit que ce sont les enfants trans ou ceux qui sont passé par le transexualisme (étape), qui réclament cette différenciation afin de ne plus souffrir d’aller dans le « camp » qui n’est pas le leur ??? vous faites sans doute partie des gens qui poussent les fauteuils roulant dans les précipices , et qui écrasez la souffrance des individus sous le couvert d’une sois disant politique !!!

    • Nous ne vous ferons pas l’affront de corriger vos nombreuses erreurs d’orthographe. Nous nous bornerons à vous dire que si vous voulez croire que les adversaires de la mise en pratique de la théorie du genre dans les écoles françaises sont d’horribles fascistes qui ne comprennent pas la souffrance des autres et rêvent d’un monde uniforme, à leur image, c’est votre problème. Quant aux enfants trans, nous ne sommes pas certains que ces ateliers suffisent à soulager leur mal-être, malheureusement et même si c’était le cas, il ne nous semble pas judicieux de généraliser à tous les élèves une pratique qui conviendrait à une minorité… Pensez-vous sérieusement que le fait de pousser les fillettes à jeter leurs robes de princesses au feu et de qualifier les garçons de coquets dans les leçons résolve quelque problème que ce soit? Ne pensez-vous pas que l’école ait mieux à faire que militer pour cette cause (ou une autre d’ailleurs, le militantisme n’a rien à faire à l’école)?

  2. j’ai été enfant trans , c’est a dire une fille dans un corps de garçon et je ne me sentirai pas blessée que vous corrigiez mes fautes d’orthographe , c’est si peu important au regard d’un combat mené seule au monde. ne pas savoir écrire quand on a quitté le système a 11 ans (école , parents , société) est si peu de chose (sauf pour ceux qui ne savent pas lire entre les fautes) lol
    je suis içi par le hasard d’internet , je ne savais même pas que cette théorie existait , encore moins que des gens parlaient de cette erreur de naissance .
    j’ai été une des première en europe a galérer pour la délivrance finale (c’était il y a bien longtemps) tout cela est du passé , j’ai depuis peu l’informatique chez moi et découvre avec horreur la stagnation quasi générale en matière de cerveau humain et de certains soucis (je dit bien souci , car c’est un problème qui se règle , l’instinct de survie rentre en jeu et contre vents et marais on se bat pour rester sois même).
    je vous avouerai que la théorie du genre et ce qui va se faire dans les écoles dans ce sens me parait bien sombre car c’est avant tout le boulot des parents a la base (quand on aime son enfant , on va dans son sens , on observe et on écoute ses « demandes souffrances  »
    je suis d’une époque ou a l’école , les « sexes » étaient séparés ( période de mes 6 a 10ans) et je peut témoigner que malgré les coupes de cheveux forçées par les parents , les vêtements strictement masculin , les garçons déja matchos ne se trompaient pas eux sur ma réelle identité profonde (appelez ça comme vous voudrez) je n’est pas été dans une théorie moi (lol) je l’est vécue et tout cela me fait bien sourire et me réconforte quand a mon chemin parcouru !!!
    j’ai un peu fouillé et j’ai découvert qu’actuellement certaines personnes se « revendiquaient » trans mais gardaient leurs corps en inéquation avec leur ressenti .
    mon dieu que je suis loin de toute ces tortures d’esprit et qu’après la réalisation de sois , bein ya la vie quoi !!!
    alors les théories mdrrrrrrrrrrr il faut juste laisser les enfants s’exprimer et les aider a ce réaliser ( le problème doit être réglé en amont et c’est aux parents « aidés » qu’en incombe la tache) même si ils vont se heurté aux lois stupides et désuètes qui consiste a deux ans de suivie psychiatrique pour obtenir le feu vert et la délivrance mdrrrrrrrr amer , oui j’ai la haine contre ces professionnels du cerveau qui en fait patauge dans le yaourt , perso j’ai traçé la tune dans mon enfance et obtenue la délivrance a 21 ans en mettant du gros cash sur la table du chirurgien dans un pays lointain et avec bien 10 a 15 ans de retard qui m’a détruit mon adolescence . apparemment , en me relisant je m’aperçois que je vais dans le sens de cette théorie du genre mais que diable !!! agissons bien avant , les signes sont là , arretons de faire des enfants pour ne pas aller dans leurs sens après (ce n’est pas de l’amour que de ne pas ressentir son enfant réellement !!!

  3. Nous sommes donc bien d’accord: l’école n’a rien à faire là-dedans et ne doit pas changer ses programmes pour éduquer les enfants à une certaine sexualité. Ce sont les parents qui doivent accompagner les enfants dans la découverte de leur identité, de leur personnalité et, le cas échéant, se montrer suffisamment attentifs et aimants pour qu’ils puissent s’épanouir comme ils sont. Finalement, nos positions se rejoignent. 🙂

  4. c’est clair , en plus j’imagine l’embrouille a l’école dans la tête des autres enfants (un élève inscrit en tant que garçon mais le laissant se trimballer en robe)
    ça me rappelle les récrées ou je me scotchais au grillage de la cour des filles !!!
    mais faut dire aussi que les lois n’arrange pas les choses , il pourrait y avoir des aménagements et des souplesses du genre , inscription au féminin . car on peut constater que dans la majorité des cas les parents se conforment aux règlements en ce qui concerne la société extra et intra scolaire , alors qu’il en est tout autre a la maison ou , (surtout du coté des mères) qui accèdent aux désirs de leurs enfants (mettre du verni a ongle , s’habiller avec les vêtements de la mère ou de la soeur , mettre des talons , du maquillage etc … personnellement a 57 ans je n’est toujours pas compris pourquoi ma mère m’a laissé faire tout cela et dès que nous étions en dehors du cocon familial , c’était coiffeur coupe ultra masculine , vêtements de garçons (l’enfer quoi) !!! aujourd’hui physiquement je suis un canon et après 45 ans de rejets des mes parents , ils m’ont annoncé que leur désir étaient de finir leurs jours sans me revoir !!! mdr amer ( c’est tellement facile de faire un gosse) lol
    bref , pour moi , un enfant doit arrivé « tout prêt » a l’école , il n’y a pas de place dans cette société pour un « sois disant » troisième sexe , la transition doit se faire en amont , avec les parents , les toubibs , les lois , et l’intervention des chirurgiens vers l’âge je dirais 6 a 7 ans .
    parce que cette histoire de théorie du genre appliquée a l’école peut engendrer des embrouilles pas possible chez les autres  » normaux » qui comme tout un chacun a une petite part masculine et féminine (ou on va là ???) j’imagine le cirque mdr !!!

  5. On ne peut pas opérer un enfant à six ou sept ans… L’identité sexuelle n’est pas toujours bien établie à cet âge et si l’on se trompe, c’est irréversible.

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